Benoît Malon

Malon, Benoît

French socialist and writer (1841-1893). 3 autograph letters signed. Milan. 8vo. (2 + 4 + 3 =) 9 pp. altogether (2 letters written on bifolia).
$ 28,505 / 25.000 € (76528/BN49405)

Three letters written from exile in Italy, to the publisher Maurice Lachâtre (1814-1900), himself an exile in Vevey. In 1871, both French socialists had had to flee their country after the fall of the Commune. Malon reports on his progress in establishing contacts among radical-minded Italian publishers such as Levino Robecchi and Enrico Bignami and discusses current publications such as the anticlerical translation of Bishop Bouvier's classic "Manuel de confesseurs" and a "Memorial de la Commune" planned by Lachâtre.

However, Malon also voices his disagreement with his friend both over his interpretation of certain historical events during the Commune as well as over the political programme he advocates. About his attempts to put Lachâtre in touch with local booksellers, Malon writes: "Mes recherches n'ont pas été brillantes. Chez les riches éditeurs il n'en faut pas parler. Tout ce que j'ai trouvé à Milan, c'est un petit libraire très actif d'ailleurs, grand admirateur d'Eugene Sue, et qui vous estime beaucoup. Il prendrait avec plaisir de vor livres français en dépôt, s'il pouvait éditer une traduction [...] J'ai aussi un ami qui tient à Lodi une agence de librairie et qui vous vendrait certainement quelques ouvrages. Celui la est complètement dans vos idées, il sort de prison pour l'Internationale [...]". While he is highly skeptical of the Italian workers' movement ("l'Italie est un triste pays pour les affaires. Je ne connais pas de nation occidentale ou le travail et le travailleur soient plus méprisés"), Malon praises the country for its beauty and climate, suggesting that Lachâtre relocate to Italy: "Les environs de Gênes sont très-sains et très-agréables [...] Vous pourriez choisir et après tout, vous recouvrez que le risque de l'expulsion. Que diriez vous aussi de Lugano dans la suisse Italienne et sur la frontière, site admirable, climat sain et doux, vie à bon marché, comparativement à l'Italie et liberté complète vous feriez là la connaissance de mon ami Bakounine et d'autres proscrits". Malon praises Lachâtre's French edition of the priests' pornographic confessional code, which seized upon the anticlerical theme of the physical seduction of female penitents by their confessors: "Je ne l'ai que parcouru et j'ai vu dans ce singulier manuel la description de vices dont je ne soupçonnais pas l'existence [...] Quels ravages ces malpropretés cléricales ne doivent elles pas faire aux jeunes consciences. Vous avez bien fait de clouer encore une fois ces infâmes au pilori". However, he disagrees with Lachâtre's critical account of how the hostages were executed by the Commune: "Vous vous trompez en effet, lorsque vous croyez que les membres de la Commune ont ordonné le massacre des otages, ce massacre est le fait d'une foule égarée de haine et de douleur en apprenant le massacre des siens. Les membres de la Commune qui étaient présents, Varlin entre autre qui a été fusillé, ont fait des efforts surhumains pour empêcher ce malheur." Malon also refuses to sign a programme to be included in the "Memorial de la Commune", placing the violence of 1871 in perspective with that of the Jacobins' terror: "Je signerais volontiers votre programme; mais je n’apprécie pas les mouvements tout à fait à votre manière; je ne crois pas à l’élément des représailles, et ma preuve c’est que les représailles de 75 n’ont rien été en comparaison de celles de 93 et de plus elles n’ont pas été légales [...] Je glorifie la violence révolutionnaire d’un peuple qui brise ses chaines et jette les fondements de la société future, mais je répudie la terreur-système qui n’est qu’un emprunt à jamais déplorable au vieux procédés inquisitoriaux [...]". - Lachâtre, who at this time was publishing the first French translation of Marx's "Kapital", had been able to avoid arrest by flying to Spain, where he lived in San Sebastián, near the border, under the name of "Leconte". Driven away by the Carlists two years later, he again escaped to Brussels and later to Vevey in Switzerland before finally returning to France in 1879..

buy now