Philippe Néricault Destouches

Destouches, Philippe Néricault

Dramatiker (Académie Française) (1680-1754). Eigenh. Brief m. U. Soleure. 4 SS. 4to (kleiner Riss und kleines Loch, wodurch einige Buchstaben fehlen, Falz ausgebessert).
3.000 € (26366)

An einen Freund (“cher amy“). Er entschuldigt sich für seine Faulheit, deretwegen der Brief verzögert ankomme und äußert sich anschließend ausführlich zu Truppenbewegeungen und Schlachten des spanischen Erbfolgekriegs: „Vous savés qu’un bon comedien n’en manque pas, même dans les occasions ou il en doit avoir le moins, mais comme je me suis entierement depoüill. de ce caractere, je rejette, tout ce que ma plume pourroit me fournir pour me faire paroître exempt de blasme. […] chacun la conte a sa fantaisie ; mais il est tres certain qu’elle est tout a nôtre avantage, et que nos troupes qui estoient la en petit nombre y firent des choses incroyables, on eust dit que chaque soldat étoit un heros, on fut obligé de ceder a la multitude, et les Allemans y ont beaucoup plus perdu que nous, quoy qu’ils se soient trouvés dans cette action au nombre de 17 000 hommes, contre 3000 seulement.

M. le Comte de Tesse a mandé depuis peu a Son Excellence Mgr l’amb[assadeu]r [Marquis von Puysieulx, französischer und schweizerischer Botschafter, dessen Sekretär Destouches werden wird] que nos troupes depuis cette rencontre ont presenté deux fois bataille au P. Eugene sans qu’il ayt voulu l’accepter et que l’armée de ce prince manque de tout ; qu’elle a été trois jours sans pain, et qu’il y a apparence que l’Empr est hors d’état de la secourir. Nous attendons de jour en jour la nouvelle de quelque action d’éclat“..

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Destouches, Philippe Néricault

auteur dramatique (1680-1754). Lettre autographe signée. Fortoiseau. 15.08.1740. 8 pages in-4.
7.500 € (49688/BN34158)

[À Évrard Titon du Tillet]. Très belle lettre mêlée de vers à l'auteur du "Parnasse françois". Il a presque terminé sa lecture de la "Description du Parnasse" et des "Essais sur les honneurs": "il n'est point d'effort que vous ne fassiez pour immortaliser les grands hommes qui font honneur à la France. Ce qui me touche le plus sensiblement dans vos travaux, c'est votre bon cœur, votre goût exquis, et votre amour pour notre patrie. […] Vous étiez né pour être Romain [...]". Il loue son œuvre et ses nobles idées.

"Non seulement j'aime tout ce qui peut contribuer a la gloire de notre Nation, mais je n'ai oublié aucuns efforts dans les pays étrangers ou j'ai vécu si longtems, pour la défendre contre les atteintes des prejugez, de l'injustice et de l'envie, en cela bien différent de notre Voltaire si estimable d'ailleurs, qui ose faire un point d'honneur d'exalter nos voisins à nos depens [...]". - Et de citer une épigramme inspirée par l'indignation: "Un grand auteur ose avancer | Que le François enseigne à plaire, | Et que l'Anglois montre à penser. | Au second point je suis contraire, | On ne sauroit me le prouver. | Or voici que je hazarde; | L'anglois peut m'apprendre à rêver, | Mais à penser? Que Dieu m'en garde [...]". Destouches aime de plus en plus la solitude, parce qu'elle l'éloigne du fracas d'un monde dont il a senti tous les défauts et tous les ridicules; il félicite l'auteur du Parnasse de son dessein de se confiner dans une aimable retraite: "vous y trouverez mille agréments inconnus à ceux qui ont toujours voltigé dans le tourbillon […] vous y eprouverez qu'on n'est veritablement heureux, qu'autant que les autres ne font point notre bonheur, et vous concurrez enfin que ce n'est point ici bas qu'il faut le chercher [...]". Il cite un quatrain à cet effet, puis reprend : "Vous déplorerez l'aveuglement de ces hommes présomptueux qui pensent que leur merite leur tient lieu de tout, et que le bonheur consiste à faire beaucoup parler de soy; et vous vous écrîrez avec Sénèque le Tragique; | Malheur à l'homme prévenu | Qui sur son mérite se fonde, | Et qui, connu de tout le monde, | Meurt sans jamais s'etre connu. | Vous parviendrez facilement à penser de la sorte [...] Mais du moins différez votre retraitte jusqu'au printems. Se retirer à la campagne pendant l'hyver, c'est commencer par où l'on doit finir [...] Attendez que la belle saison vous invite à quitter Paris". Destouches ira le rejoindre. Il y a des auteurs "qui se piquent d'être tout esprit dans leurs productions; et vous, Monsieur, vous êtes tout cœur dans vos ouvrages [...]". Il prie d'excuser son griffonnage: "je suis comme Made de Sévigné, j'écris tout d'un trait, et je deviendrois froid et languissant, par conséquent très ennuyeux, si je mettois au niveau chaque mot [...]"..

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